L’atmosphère était électrique ce lundi matin au Stade des Martyrs à Kinshasa. Las de 12 mois sans le moindre sou, les agents de l’un des plus grands complexes sportifs d’Afrique ont décidé de faire entendre leur colère. Entre pneus brûlés, panneaux publicitaires arrachés et slogans hostiles, la situation a très vite dégénéré.
Une année sans salaire : la goutte de trop

Cela fait une année entière que les agents du stade n’ont pas été payés. Une situation intenable et insoutenable pour ces hommes et femmes qui continuent à entretenir l’enceinte dans un silence pesant de l’État. “On a des familles, des enfants, des loyers à payer… et l’État nous laisse mourir à petit feu”, crie un agent, visiblement à bout des nerfs.
Le torchon brûle aussi avec Vodacom
Dans leur élan de révolte, les agents ont retiré de force les panneaux publicitaires de Vodacom installés sous la coupole. Ils accusent la compagnie téléphonique de ne pas honorer ses engagements financiers, et exigent le retrait immédiat et sans condition de toute publicité liée à l’opérateur.
Double scandale : les millions pour l’étranger, la misère pour les locaux*
Mais ce qui choque encore davantage, c’est l’apparente hypocrisie des priorités nationales. Alors que le ministère des Sports débloque des millions de francs congolais pour soutenir des clubs et des joueurs à l’étranger, les agents du stade, eux, sont abandonnés.
“Comment peut-on envoyer de l’argent en Europe alors que les gardiens du temple ici meurent de faim ?”, s’interroge un manifestant.
Une crise interpellatrice
Ce soulèvement est un signal fort. Il révèle une crise de gouvernance et de justice sociale au sein même du secteur sportif congolais. Les agents réclament non seulement le paiement immédiat de leurs 12 mois de salaire, mais également une réforme profonde de la gestion du patrimoine sportif national.
Aristote Pelly
