L’Union des footballeurs du Congo, en République démocratique du Congo (RDC), est très préoccupée par l’après-carrière de nombreux joueurs dans notre pays.
Cette préoccupation de l’UFC, un syndicat des joueurs actifs, avec siège social à Kinshasa, capitale du pays, reconnu par la FIFPRO, relève d’un constat on ne peut plus amer, selon lequel, bon nombre de footballeurs congolais ont quitté la terre des hommes dans l’anonymat, en dépit de loyaux services rendus aux clubs respectifs, en particulier et surtout, à la nation, en général.
Pourtant, cette situation décriée par l’UFC contraste avec la carrière talentueuse très brillante des joueurs qui ont bénéficié d’une manière ou d’une autre, des revenus importants, non investis et dilapidés, par ignorance des lendemains à même d’assurer leur survie. Ce qui constitue pour la plupart, le début d’une seconde vie pleine d’incertitudes, de calvaire et de la descente sûre et certaine aux enfers, c’est le début d’une autre vie, non planifiée, à bon escient.
À ce titre, de façon générale, il suffit d’une maladie pour que tout bascule au point de précipiter de façon inéluctable la chute brutale, conduisant inévitablement à la mort. Ce qui aboutit souvent à une même rengaine appelant l’État à la rescousse de ces infortunés que sont devenus tous ces joueurs. D’où la raison de l’interpellation de l’UFC.
Des cas du genre se comptabilisent à foison. À titre exemplatif, il y a lieu d’épingler la situation d’Emeka Esanga dit Mamale, Jean Kasongo Banza, alias Jean Mukul ou Korando et tant d’autres encore. Pourtant, de renommée internationale, ces joueurs ont connu un passé glorieux, pour avoir fait la pluie et le beau temps, dans des clubs européens et asiatiques.
Le dernier cas en date, qui a été documenté, est celui de Blaise Kiaku, ancien sociétaire de l’AS Vita Club de Kinshasa et de FC Saint Éloi Lupopo, décédé il y a quelques jours, de suite d’une longue maladie. Comme l’a constaté l’UFC, Blaise Kiaku a tiré sa révérence dans les mêmes conditions de précarité qui n’honorent pas son parcours brillant et élogieux.

Ainsi, avant de passer de vie à trépas, il a fallu procéder à des cotisations forcées, ici et là, pour réunir des fonds à même de lui permettre de bénéficier des soins appropriés. Malgré l’appel pathétique lancé par quelques anciens footballeurs, les moyens financiers suffisants et requis pour éviter le pire n’ont pas été réunis, ce qui a finalement conduit à son décès.
Les réseaux sociaux, qui se sont saisis de cette information douloureuse, en ont fait une large diffusion, démontrant à suffisance que les moyens financiers ont toujours fait défaut, comme pour tous les autres cas antérieurs.
Curieusement, et comme toujours, si Blaise Kiaku était abandonné pendant sa période de maladie, ses obsèques, intervenues le week-end dernier, ont connu une affluence nombreuse et de fortes mobilisations, semblables à des faits inhabituels. Certes, il a mérité des honneurs dignes de son nom et à la hauteur de son rang, mais il était important d’intervenir au moment opportun, pendant qu’il était encore en vie.
Au regard de cette situation, l’Union des footballeurs du Congo, qui a trouvé à travers ce énième décès une matière à réflexion, a désormais du pain sur la planche en sa qualité de syndicat des joueurs. Lors de différentes descentes sur terrain, l’UFC a résolu de marteler sur l’après-carrière du footballeur en vue de mieux assurer la vie post-carrière active, notamment la reconversion des uns et des autres.
« Vu le caractère éphémère de la carrière de tout footballeur, à travers le monde comme en RDC, il est important et impérieux d’orienter les joueurs encore actifs, en toute conscience, vers de nouveaux horizons, pour des lendemains meilleurs », a déclaré Laguine Kisangani, Directeur administratif et financier.
L’UFC intensifie ainsi ses actions pour accompagner les joueurs dans leur après-carrière, notamment à travers des partenariats de formation comme celui établi avec l’ESMISCOM. Ces initiatives visent à anticiper la reconversion des joueurs en RDC, en parallèle de la sécurisation de leurs contrats, afin d’assurer une transition professionnelle durable.
Ces démarches s’inscrivent dans une volonté de structurer le football congolais et de mieux encadrer la vie des athlètes, avant, pendant et après leur carrière.
Ephra Kimuana
