Robert Kidiaba, “la fesse tranquille” de la RD Congo.


Avec sa “danse des fesses” pour fêter les buts, le gardien de la RD Congo Robert Kidiaba est devenu l’une des coqueluches du foot africain. Il espère terminer sa carrière internationale en se qualifiant pour la finale de la CAN face aux Ivoiriens.

Après chaque match de la République démocratique du Congo (RD Congo), ces images font le tour du monde : un gardien sautillant assis à même la pelouse pendant de longues secondes pour fêter les exploits de ses coéquipiers. Depuis quelques années, le portier des Léopards Robert Kidiaba s’est fait connaître grâce à sa “danse des fesses”. “C’est mon identité ! Je suis là pour célébrer les buts de mon équipe”, explique-t-il avec fierté.

Même si le gardien s’est fait un nom avec cette démonstration de joie un peu enfantine, qui lui servait au départ à travailler ses abdominaux, ses adversaires le prennent très au sérieux : le capitaine de la RD Congo a réussi à emmener les Léopards en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations.

Après avoir éliminé leurs voisins du Congo-Brazzaville et à la veille de leur face-à-face contre la Côte d’Ivoire, les Congolais sont plus déterminés que jamais. “On se sent à l’aise. Le groupe est vraiment soudé. On a toute la confiance, insiste Robert Kidiaba. Avant de quitter le Congo, j’avais parlé à tous les joueurs. Je leur avais dit que 2015 serait l’année de la RD Congo.”

Le doyen de la CAN

Très concentré avant cette CAN, le joueur, aussi connu pour sa coupe de cheveux inimitable, n’a même pas pu fêter son anniversaire dimanche 1er février. “On va reporter cela après la finale, si on se qualifie”, promet-il avec un grand sourire. Le gardien, qui vient de souffler ses 39 bougies, est le footballeur le plus âgé de la compétition : “Je suis fier de moi. Ce n’est pas donné à n’importe qui ! À mon âge, je continue à travailler. Je suis discipliné et j’aime mon travail. Vous me voyez toujours en mouvement.”

À presque quarante ans, il atteint pour la première fois cette étape de la Coupe d’Afrique des nations, mais il détient déjà un incroyable palmarès avec son équipe congolaise du Tout Puissant Mazembe : deux Ligues des champions d’Afrique en 2009 et 2010, finaliste de la Coupe du monde des clubs en 2010 et six titres de champions de la RD Congo. Robert Kidiaba porte le maillot de ce club de la ville de Lubumbashi, dans la province du Katanga, depuis 2002.

“Ce n’est pas une star”

Même si aujourd’hui, il est un champion reconnu, ses débuts n’ont pas été faciles. “J’avais deux autres gardiens dans l’équipe à l’époque. Il n’était que le troisième”, raconte Otepa Kalambay, un ancien gardien congolais qui a formé Kidiaba au TP Mazembe. Ce dernier a fait le déplacement depuis la RD Congo pour soutenir les Léopards lors de la CAN-2015 et pour encourager tout spécialement son protégé. Dès leur rencontre, il a su déceler en lui un incroyable potentiel : “Je me suis mis tout de suite à l’œuvre avec lui. C’est un garçon très poli et très appliqué. Quand un joueur est discipliné, il s’adapte plus  vite.”

Pour Otepa Kalambay, le capitaine de la sélection nationale n’est pas seulement un exemple sur la pelouse, mais aussi en dehors des stades. Même si Robert Kidiaba est une personnalité très importante dans son pays, contrainte de sortir sous bonne escorte lors de ses déplacements, il est resté le même homme qu’à ses débuts : “Ce n’est pas une star quand il quitte le terrain. Il est comme les autres. C’est un type bien. D’autres à sa place se sont cassés les dents, mais lui est modeste. C’est la première qualité qu’il doit avoir surtout en tant que gardien car il est à l’épreuve à tout moment.”

“Un grand soleil qui mérite un couronnement”

Lors de la demi-finale contre la Côte d’Ivoire, Robert Kidiaba va peut-être jouer son dernier match international. Le gardien a annoncé avant la compétition qu’il s’agissait de son ultime CAN. “Je l’ai décidé car je veux donner la chance aux autres, même si je vais continuer avec le TP Mazembe”, justifie-t-il très simplement. Très investi dans son pays, meurtri par une guerre civile depuis 1997, le footballeur ne compte pas s’éloigner de la vie publique dans le futur. Celui qui a toujours refusé de s’exiler dans un club à l’étranger utilise sa notoriété pour promouvoir la paix. Il est notamment un des ambassadeurs de l’ONG “Peace One Day” qui œuvre pour le règlement des conflits dans la région des  grands lacs. Robert Kidiaba entend aider son peuple en développant le sport en RD Congo : “Je veux continuer à travailler pour mon pays. S’il a besoin de moi pour donner des conseils à d’autres gardiens, je suis dispo.”

 

En attendant sa retraite définitive, Robert Kidiaba a une chance d’ajouter, mercredi soir contre les Ivoiriens, une nouvelle ligne à un CV déjà bien rempli. “C’est une carrière magnifique, insiste Otepa Kalambay. Je lui souhaite de devenir Champion d’Afrique avec cette équipe des Léopards. C’est un grand soleil qui mérite un couronnement.”

 


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