Ibenge ouvre la voie pour les entraineurs africains à la CAN.


Le technicien de 53 ans a conduit l’AS Vita à la finale de la Champions League de la CAF et s’apprête désormais à défier la Côte d’Ivoire avec son pays.

Florent Ibenge n’a jamais été aussi occupé que lors des six derniers mois, montrant à tout le monde en Afrique à quel point il est bon.

C’est le seul coach africain encore en course en Coupe d’Afrique des Nations et il avait conduit l’AS Vita en finale de Ligue des Champions de la CAF, équipe qui s’était finalement inclinée face aux algériens de l’Es Sétif.

Juste avant la fin de la phase de groupes de cette compétition, le tacticien s’est vu confié le rôle de sélectionneur national. Il a du s’occuper de six matchs de qualifications en en peu plus de deux mois. Tout cela, en gardant les rênes de l’AS Vita.

Deux semaines avant la finale de la Ligue des champions prévue le 1er novembre, il a conduit la RD Congo a un important succès face au Sierra Leone, faisant de son pays le meilleur troisième de toute la phase de qualifications.

Et aujourd’hui son équipe est demi-finales de la CAN et va affronter la Côte d’Ivoire à Bata pour une place sur l’ultime marche du tournoi.

Ibenge, 53 ans, est le seul représentant encore en lice chez les coachs africains dans cette CAN 2015. La représentation la plus faible dans l’histoire du tournoi. Les 13 autres coachs de cette CAN sont tous européens et certains en sont irrités.

« Nous ne sommes pas confiants en nous-mêmes et les fédérations préfèrent du coup placer leur confiance en des coachs étrangers et ce, même quand nous présentons les mêmes qualifications que ces entraîneurs étrangers », a estimé Ibenge.

Stephen Keshi, qui a conduit le Nigéria au triomphe à la CAN 2013, n’est pas loin d’avoir la même opinion : « Les pays africains devraient montrer de la patience envers leurs propres ressortissants.  Il y a tellement de personnes qui reviennent en Afrique depuis l’Europe à la fin de leurs carrières, mais on ne leur donne jamais aucune opportunité. C’est une façon de tuer le football en Afrique », a dit celui qui compte parmi les coachs africains qui ont remporté la CAN à l’instar des égyptiens Mahmoud El-Gohary (1998) et Hassan Shehata (2006, 08, 10) sans oublier Clive Barker avec l’Afrique du Sud en1996.

Le Zambien Honour Janza ne pense pas différemment : « Il faut déjà commencer à croire en eux », a-t-il dit à propos des joueurs africains qui évitent de considérer la carrière d’entraîneur à cause du manque de considération dont elle souffre en Afrique.

Claude Le Roy, le plus africains des entraîneurs français, est d’accord avec Janza : pour lui, le salut viendrait de plus de coachs africains.  « Le plus gros problème est le respect pour les coachs locaux. Ils doivent le mériter c’est clair, mais ils en sont capables ». 

« Je ne laisse personne interférer dans mon travail, mais les coachs africains peuvent avoir beaucoup de pression. Un président de fédération peut leur dire ‘Tu dois faire ce changement’. C’est simplement une question de respect ».

Hervé Renard, le sélectionneur de la Côte d’Ivoire, serait heureux de céder sa place, estimant qu’une règle impliquant des coachs africains uniquement à la CAN serait une bonne chose.

Renard estime qu’un seul homme pourrait faire la différence : Didier Drogba. George Weah, Nwankwo Kanu, Jay-Jay Okocha, Sammy Kuffour et Roger Milla n’ayant jamais montré d’intérêt pour le job de coach.

« Après lui, d’autres pourraient réfléchir à l’éventualité de devenir coachs. Cet homme est un monument ».

Ibenge a également évoqué le match à Bata, lui qui prépare ans doute une nouvelle surprise : « Je dis à mes joueurs, vivez l’instant présent, pas pour le lendemain. Essayez de vous améliorer à chaque fois et de ne pas avoir de regrets. »

« C’est comme cela que nous avons débuté ce tournoi et nous ne changerons pas cette philosophie. Ce tournoi n’était pas notre objectif principal. Nous visions l’édition 2017, mais comme nous sommes toujours là, alors c’est un bonus. »

« La motivation désormais, c’est d’atteindre la finale face à une grosse équipe comme la Côte d’Ivoire. »

La RD Congo ne devrait pas avoir peur car quelques jours après avoir perdu face à la Côte d’Ivoire en qualifications, cette équipe s’était vengée en gagnant 4-3 à Abidjan lors de la phase de qualification.

Jeremy Bokila, qui avait marqué deux buts ce jour-là, en a encore inscrit deux lors de cette CAN.


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