CAN 2015 : une image éhontée des Equato-guinéens


La dernière demi-finale de la CAN 2015 ayant mis aux prises le Ghana et la Guinée équatoriale (3-0) a non seulement viré au fiasco ce 5 février à Malabo, mais également démontre l’image éhontée des Equato-guinéens et du football africain.

 

Pour les amoureux du ballon rond qui ont suivi cette affiche sur leurs petits écrans, on constate que le match a été interrompu pendant plus d’une demi-heure suite aux interminables jets de projectiles sur l’arbitre, les joueurs ghanéens, ainsi que leurs supporters. Selon rfi, un hélicoptère de la gendarmerie équato-guinéenne fait du surplace quelques mètres au-dessus de la tribune Est de l’Estadio de Malabo. Certains spectateurs dévalent les marches et se précipitent vers la sortie du stade, effrayés par l’engin. D’autres, au contraire, foncent vers le sommet des gradins pour bombarder l’appareil de projectiles en tous genres. Cette scène surréaliste ne se déroule pas à la fin d’un meeting politique qui a mal tourné. Elle se passe au beau milieu d’une demi-finale de Coupe d’Afrique des nations de football. Pour rappel, le match entre les deux équipes nationales a basculé à 5 minutes de la fin de la première période, au moment où l’arbitre gabonais a accordé un penalty en faveur des Ghanéens. Le public crie à l’arnaque, à l’injustice. Une première bouteille d’eau s’écrase sur la piste d’athlétisme qui entoure la pelouse. Puis une deuxième. Puis une troisième… Leur fracas brise le silence qui a suivi le but du Ghana.

 

Les Black Stars marquent ensuite une deuxième fois, juste avant la mi-temps. Les ennuis ne font que commencer, ce 5 février 2015 dans la capitale de Guinée équatoriale… Un supporter du Nzalang réussit à pénétrer sur la pelouse. Après un moment d’hésitation, il fonce vers l’arbitre mais est intercepté juste à temps par des agents de sécurité. Le speaker du stade appelle au calme. « Arrêtez s’il vous plait ! La Guinée équatoriale va être sanctionnée ! » Sans effet. « Ça ne s’est pas passé comme ça lors des matches à Bata ! » Sifflets. « La CAF (Confédération africaine de football, NDLR) va sanctionner la Guinée équatoriale ! » Gigantesque bronca dans le stade. « Pff, c’est une honte, une put… de honte ! » hurle un trentenaire, maillot de l’équipe nationale sur le dos. « Arrêtez, vous êtes fous ou quoi ?! » exhorte une jeune femme à l’adresse de ceux qui balancent des pierres depuis la tribune au-dessus. Finalement, la police investit les gradins et commence à tirer des gaz lacrymogènes.

JavierBalboa incrimine l’arbitre gabonais

Les joueurs, eux, restent au centre du terrain, hors de portée. Les Equato-Guinéens entament alors une discussion animée avec les organisateurs du tournoi. Les joueurs du Nzalang Nacional veulent que la rencontre aille à son terme. Ils se dirigent vers la tribune Est. Emilio Nsue Lopez, le capitaine de l’équipe, invite le public à se calmer. « S’il vous plait ! S’il vous plait ! Stop ! » s’époumone de son côté le défenseur Rui. « Mais c’est pas possible, c’est pas vrai ! » lit-on sur les lèvres de l’attaquant Ruben Belima. Quelques minutes plus tard, la partie reprend bel et bien pour une poignée de minutes. Mais dans un stade quasiment vidé. Au coup de sifflet final, les joueurs se tapent dans les mains et se donnent l’accolade, en geste de solidarité. Plus tard, en zone d’interview, l’attaquant vedette du Nzalang, Javier Balboa, revient sur ces débordements. Celui qui avait bénéficié d’un penalty imaginaire en quart de finale face à la Tunisie, met pourtant en cause le choix d’un arbitre gabonais, forcément partial à ses yeux(1). Puis il lâche : « Je demande pardon pour ce qui s’est passé. Ce n’est pas un comportement adéquat. […] Je comprends l’attitude du public, mais je ne la justifie pas. Je n’excuserai jamais les comportements violents. »

 

En ville, les routes sont jonchées de détritus, d’arbustes arrachés, de pavés déchaussés, de poubelles renversées. L’équipe de Guinée équatoriale est censée disputer le match pour la troisième place de la CAN 2015, face à la RDC, le 7 février. Toujours à Malabo. La CAF et les autorités locales pourront-elles se prémunir d’une nouvelle débâcle, dans deux jours ?


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