P.C Kabala Mwana Mbuyi : ‘‘être présent au Brésil en 2014 pour faire quoi ?’’


La débâcle des Léopards de la 29ème édition de la CAN continue à défrayer la chronique. Notre rédaction s’est entretenue avec Pierre-Célestin Kabala Mwana Mbuyi, président de l’Association des journalistes sportifs du Congo (AJSC).  A travers cette entrevue, Kabala propose des pistes de solution pour un avenir meilleur du football congolais.

 

Irisfootball.com : C’est au premier tour que les Léopards ont quitté la grande messe du football continental. Selon vous, est-ce le résultat d’une contre performance ?

Kabala Mwana Mbuyi : Je ne voudrais pas appeler cela une contreperformance. Je voudrais dire que l’équipe des Léopards que nous avons vu a joué sur sa valeur réelle. Pour moi, ce comportement des Léopards était prévisible compte de la préparation qui a  laissé un peu à désirer, qui n’a pas répondu aux exigences de la préparation d’une compétition de ce niveau. C’est aussi compte tenu de quelques situations qui ont émaillé cette préparation avec le désistement de certains joueurs convoqués et qui semblaient être plus frais que ceux à qui on a fait appel à la dernière minute. Compte tenu aussi des remous qu’il y a eu à quelques deux jours de la compétition, que nous avons pratiquement réuni tous les ingrédients possibles pour nous amener à demi-échec.

Sur le plan technique, comment avez-vous jugé le niveau de notre équipe nationale

Techniquement quand Claude Leroy parlait, il est le seul à savoir ce qu’il dit. Quand il dit qu’il y a un groupe. Effectivement, c’est un groupe et non pas une équipe. Selon mon analyse, c’est un groupe des talents qu’on a regroupé comme pour aller jouer dans une compétition de grande envergure. C’est un groupe où ils n’ont pas suffisamment eu le temps de créer la symbiose pour créer des automatismes qu’il faut. Nous avons joué sur des valeurs individuelles. Nous avons des individualités marquantes, mais qui, à un certain moment ont prouvé des limites quand on doit compter que sur des valeurs individuelles et non pas sur le jeu collectif. Techniquement, c’est ce que j’ai constaté. Le début était bon.  Mais, ce sont les derniers  instants des matches qui nous montraient que certains joueurs éprouvaient énormément des difficultés sur le plan physique. En ce moment, la technique ne peut plus vous joindre. Pour moi, c’est le début qui était chancelant. Et j’entends les gens dire que nous sommes sortis de la CAN sans perdre un seul match. Je me dis, est-ce que c’était ca l’objectif d’une équipe qui revient à la CAN 6 ans après.

Certaines personnes estiment que le tâtonnement et le mauvais remplacement opéré étaient à la base de l’élimination précoce de la RDC. Quel est votre point de vue face à cela ?

Je n’ai pas vu une équipe avec des joueurs titularisés. Chaque entraîneur  a son style  de jeu qu’il fait appliquer aux joueurs. Mais la, je me suis retrouvé devant une équipe polyvalente quelque peu limitée. On n’a pas retrouvé les joueurs que nous avons l’habitude de voir. On s’est retrouvé que devant deux latéraux qui jouent à leur poste (Ndlr : Issama Mpeko et Kasusula Kiritcho). Chez les autres, on a vu des mouvements. Les techniciens ont leur raison de remplacer les joueurs, mais ces raisons ne nous ont pas convaincu parce que le résultat est en face. Quand on parle des remplacements au sein de l’équipe, il faut qu’il y ait des titulaires dans cette équipe et qu’ils ne répondent pas normalement.

Le Ghana était super favori devant la RDC lors de la première journée. Au terme de cette rencontre, Claude  Leroy avait indiqué que cette équipe était la meilleure de la RDC qu’il a connu. Après, c’était plutôt une déception. Peut-on dire que le match nul de deux buts partout concédé par les Léopards face aux Black-Stars était le résultat du hasard ?

Non, ce n’était pas d’une manière hasardeuse. Les joueurs se sont surpassés pour arriver à enregistrer ce résultat qui a réjouis tous les congolais. Ils ont puisé dans leur dernière énergie et ressource. Et le Ghana a la tradition de tituber devant les Léopards depuis plusieurs années. Je crois qu’il y a eu aussi un problème qui s’est glissé dans l’organisation des Léopards. C’est avoir accepté cette réjouissance à la veille d’une rencontre capitale contre le Niger à la suite de la remise du soulier d’or de Dieumerci Mbokani. Là, on a manqué de sagesse de savoir qu’on ne fait pas la fête avant la fin de la compétition. On devait exclure toute réjouissance pour se concentrer sur le matche. Les joueurs ont été  déconcentrés. La  veille des rencontres pareil, le mental et les esprits des joueurs doivent rester fixer sur leurs objectifs.

Comment entrevoyez-vous l’avenir de la RDC après la débâcle à la CAN ?

Il ne faut pas se voiler la face. Je connais les hommes et leur jeu, encore que Claude Leroy accepte de continuer avec les Léopards parce qu’travers ses déclarations, on sent qu’l est dégouté. On se dit maintenant, on attend les éliminatoires de la Coupe du monde. Je dis que nous sommes en train de trop  rêver. En RDC, il faut lever les options et il faut avoir les moyens de ces options et la politique. Nous cherchons à aller à la CAN parce que tout le monde va à la CAN et maintenant, nous cherchons encore à aller à la Coupe du monde parce que tout le monde y va. Mais sans objectif majeur. Quand Claude Le Roy dit qu’il a signé un contrat d’objectif avec comme mission principale, être présent au Brésil en 2014 pour faire quoi ? Autant se remettre en question et voir par exemple les U-20 pour préparer leur avenir. Nous devon utiliser les moyens que nous avons pour améliorer la qualité de notre football, de nos compétitions d’élite pouvant nous offrir une base solide afin de bien aborder les différentes compétitions. Un célèbre joueur a sorti une phrase pour dire que le seul match de haut niveau dans le championnat national, c’est le match qui opposé V.Club au TP Mazembe. Je crois qu’il n’a pas menti.

Quelles pistes de solution proposez-vous pour relever le niveau du football congolais ?

Ce que nous devons faire, c’est de rouler à deux vitesses. Il y a des éliminatoires de la Coupe du monde. Maintenant, il faudra beaucoup instaurer le système des équipes d’âges. Si nous serons éliminés, on comprendrait que nous sommes éliminés avec des jeunes en lieu et place d’aligner des joueurs qui n’ont plus trois ans de carrière dans leur actif. Je propose une révolution sur le plan national. Il faut que l’équipe nationale puisse avoir un statut. Il faut en faire une institution permane et avec toutes les divisions d’âges. Ce statut doit lui permettre de générer des moyens de substance en dehors des  subventions de l’Etat. Je prône cela depuis longtemps, d’autant plus que je sais que c’est la voie de sortie pour l’équipe nationale avec une DTN et une intendance générale, avec un secrétariat général de l’équipe nationale avec de groupes des animateurs ainsi que des membres de soutien puis les autres contribuables. C’est ainsi qu’on aura évité toutes les tracasseries de la préparation de dernière minute, de précipitation. L’équipe nationale doit avoir un compte bancaire  qui lui permette de négocier des rencontres amicales internationales. C’est lorsqu’on aura reprit tout cela qu’on aura espérer avoir une équipe digne. Ensuite, il faut reformer les clubs pour remonter justement le niveau de ces clubs.


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