Interview
Qu’on garde Neveu !
Le contrat entre Patrice Neveu et la RDC, la contre performance des joueurs congolais en Europe et les perspectives d’avenir du football congolais, c’est la quintessence de l’interview accordée par Luc Mangala, un agent des joueurs depuis la Belgique où il réside.
Bonjour Luc Mangala, peux-tu te présenter pour les lecteurs d’Irisfootball.com ?
Je suis Luc Mangala Kabusu, résident en Belgique je suis agent des joueurs à temps plein depuis 2005. C’est la petite information que je peux apporter aux amoureux du ballon rond congolais.
De combien de joueurs es-tu l'agent actuellement et combien des joueurs congolais, as-tu déjà réussis à placer dans un club européen?
Actuellement, j’ai un bureau, Sportissimo qui a un service de management. Je suis agent des joueurs de 20 joueurs de toutes nationalités confondues. En ce qui concerne les joueurs congolais, j’en ai deux ou trois. Vous devez savoir que le football n’est seulement une affaire congolaise, plutôt aussi internationale. Au sein des clubs européens, j’ai eu à placer Derrick Tshimanga, Benjamin Mukulu, un exceptionnel joueur et Matoma Zola, un footballeur bien connu par le public congolais en général et de Kinshasa en particulier.
Dites-nous, Luc. Pourquoi la majorité des joueurs congolais évoluant au pays ont du mal à réussir aux tests dans les différents clubs européens ?
Je dirai que c’est un facteur de temps qui serait à la base de la contre performance des joueurs congolais qui viennent tenter leur aventure aux différents championnats européens. Souvent, les congolais viennent faire l’essai pendant la saison hivernale. La façon dont ils arrivent en Europe, ne les permet pas de faire grand-chose. Certains débarquent en Europe avec leurs propres moyens, ils ne sont même pas préparés mentalement. Or le mental joue un rôle important pour un joueur. Un joueur qui vient pour le test, doit savoir l’objectif pouvant lui permettre de réussir sa carrière professionnelle. Il faudra que le joueur soit préparé psychologiquement, le niveau de la formation doit être réconfortée.
D’après –vous, quelle serait la solution pour palier à ce problème ?
Moi, je pense qu’au sein des clubs qu’ait une bonne politique. On doit beaucoup axer sur les qualités des joueurs, mettre en place un centre de formation pour les jeunes, en d’autres termes organiser le football d’âges, une cellule de détection de jeunes talents. C’est avec ces différents aspects évoqués qu’on peut y arriver.
Quelles sont vos relations avec les dirigeants de la Fécofa ainsi que ceux des clubs congolais ?
La relation avec la FECOFA est beau fixe. C’est la Fédération qui m’a fait découvrir au public congolais. Je remercie beaucoup le président Omari et le vice-président Nkwim d’avoir contribué sur mon épanouissement. La FECOFA m’a beaucoup aidée, elle m’a mis sur un bon rail. Les relations sont vraiment bonnes.
La RDC a brillé par deux absences consécutives à la CAN (2008 et 2010). Selon vous, qu’est-ce qui serait à la base des ces absences répétées à la fête continentale ?
C’est un problème de circonstance, on ne peut pas continuer à chercher les têtes de gens sur cette affaire. Vous savez que la FECOFA avait tout fait pour permettre aux Léopards d’obtenir la qualification de la grande messe du football africain, mais cela n’a pas tenu. Parce que, quand la FECOFA demande des moyens auprès des autorités compétentes, il y a toujours de la léthargie. J’ai connu la fédération à l’époque, il n’y a pas des bureaux appropriés. Mais aujourd’hui, Constant Omari a réalisé de bonnes choses. Il suffisait d’effectuer un tour au siège de l’organe technique, vous allez comprendre que c’est la meilleure Fédération du pays. Je pense que le jour où le gouvernement mettra un budget USD 2 millions, à la disposition de l’équipe nationale, elle pourrait nous amener en finale de la CAN, pourquoi pas remporter la coupe ? C’est un problème de circonstance, il y a eu plein de choses qui n’ont pas suivies. Ce n’est ni la faute à la Fédération, ni à Patrice Neveu.
Comment réagissez-vous à l’option levée par la Fécofa de bâtir l’équipe nationale A à partir des joueurs locaux qui ont remportés la CHAN ?
L’ossature des locaux est constituée des talentueux joueurs. L’enthousiasme que les locaux possèdent, je pense qu’on peut ne plus les appeler des locaux, mais les semi-professionnels dans la mesure où, la crainte qui existait entre professionnels et locaux auparavant n’existent plus. S’il faudra accorder la chance aux locaux, ce sera une bonne chose, amis avec l’assistance des professionnels valables tels que Trésor Lualua, Hérita Ilunga et autres Roum Matumona. Dans chaque pays, la sélection nationale est toujours méritée, que ça soit les professionnels ou locaux.
Le sélectionneur national, Patrice Neveu, arrive à terme de son contrat à la fin du mois de mars. Comment jugez-vous son bilan après 2 ans de service à la tête des Léopards ?
Je pense que Patrice Neveu que j’appelle ‘‘Sorcier Blanc’’, a encore sa place à la tête des Léopards. Il doit continuer la logique de travail débuté. Neveu, c’est un connaisseur du football congolais et africain. Le nouveau coach qui prendra sa place, commencera tout à zéro. Là où ça n’a pas marché, on peut toutefois rectifier le tir. Il y a une logique à suivre, quand bien même, on a besoin des résultats. Il ne faudra pas seulement condamner le coach. Est-ce si on perdait contre le Gabon, on doit remercier Santos? Lorsque le Cameroun a été éliminé au niveau de quart de final, Paul Leguen n’a pas été limogé. Au début du premier mandat d’Omari, beaucoup de gens ont organisé des manifestations contre lui. Et aujourd’hui, il donné à la nation le trophée du CHAN (le 08 mars 2009).
Une controverse divise l’opinion sportive congolaise. Certaines personnes pensent que l’équipe nationale congolaise doit être coaché par un entraîneur expatrié, d’autres estiment qu’entraîneur congolais pourra faire l’affaire. Comment réagissez-vous à cela ?
Le fait exacte, on peut avoir un expatrier ou coach national, on peut gagner ou perdre. Le sorcier blanc a la rigueur du travail, il a encore sa place. A l’heure actuelle, il n’est pas question d’un nouvel entraîneur. Qu’on garde Neveu.
Un mot de la fin pour tous les sportifs congolais
C’est le moment d’être derrière l’équipe nationale et la FECOFA. C’est triste pour notre pays, quand on allait jouer contre le Malawi, certaines personnes souhaitaient le malheur de l’équipe avant le match. On doit avoir le même objectif, soutenir la FECOFA pour être présent à la CAN 2012. Le Cameroun n’est une foudre de guerre. Travailler dans l’unité au tour de la Fédération.
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